Demi-tons et tons
Ici, vous allez apprendre à mesurer la distance entre deux notes en comptant les rangées, à reconnaître à l'oreille le demi-ton qui frotte, et à transposer un motif entier sans le déformer.
Vous savez maintenant lire les rangées du piano roll. Il reste à mesurer l'écart entre deux d'entre elles, et c'est une compétence qui va vous servir dans tout le reste du cours. Les gammes, les accords, les intervalles ne sont rien d'autre que des distances entre des notes. Bonne nouvelle : sur une grille, ces distances se comptent comme des cases.
Une rangée, c'est un demi-ton
Le demi-ton est la distance entre une rangée et la rangée immédiatement au-dessus, quelle que soit la couleur des touches. C'est le plus petit écart entre deux touches voisines du clavier, et celui sur lequel tous les piano rolls sont construits. Une octave en contient douze, puisqu'il y a douze rangées avant de retomber sur la même note.
Le ton vaut deux demi-tons : on saute une rangée. Regardez la figure : dans la première mesure, la mélodie monte d'une seule rangée ; dans la seconde, elle en monte deux.
Entre do (C) et la touche noire juste au-dessus, il y a un demi-ton ; entre do (C) et ré (D), il y a un ton. Gardez cette image en tête : le demi-ton est le plus petit pas possible sur la grille, et le ton en fait deux.
Compter les distances sur la grille
Pour mesurer la distance entre deux notes, comptez les rangées que vous franchissez pour aller de la première à la seconde, sans compter la rangée de départ. De C4 à E4, par exemple, vous passez par la touche noire au-dessus de do (C), puis par ré (D), puis par la touche noire suivante, et vous arrivez sur mi (E) : quatre rangées, donc quatre demi-tons, c'est-à-dire deux tons.
Avec cette méthode, l'octave se vérifie facilement : de C4 à C5, vous franchissez douze rangées, donc douze demi-tons, ou six tons. Vous n'avez besoin d'aucune formule, seulement de compter sans vous presser.
Le demi-ton qui frotte
Un demi-ton ne se voit pas seulement, il s'entend, et de façon très particulière. Joués ensemble, deux sons à un demi-ton l'un de l'autre se frottent : on entend une sorte de grincement, un tremblement rapide. Joués l'un après l'autre, ils donnent au contraire un glissement très doux, presque une plainte. Écoutez, puis comparez avec un ton.
Vous l'avez entendu : le ton frotte aussi un peu, mais beaucoup moins que le demi-ton. Ce frottement n'est pas une faute en soi, et les compositeurs s'en servent pour créer de la tension, comme nous le verrons dans la leçon sur la consonance et la dissonance. Mais quand il arrive par accident, il donne cette impression de fausse note qui fait « sonner amateur ». Le cas typique : une note de mélodie qui se pose un demi-ton à côté d'une note tenue par la basse ou par un pad, et qui frotte pendant toute sa durée.
Choisir les intervalles en jeu
Mi-fa et si-do : les demi-tons sans touche noire
Regardez le clavier. Entre la plupart des touches blanches voisines, il y a une touche noire : de do (C) à ré (D), de ré (D) à mi (E), de fa (F) à sol (G), de sol (G) à la (A) et de la (A) à si (B), il y a donc un ton. Mais à deux endroits, il n'y a pas de touche noire : entre mi (E) et fa (F), et entre si (B) et do (C). Là, deux touches blanches voisines ne sont qu'à un demi-ton l'une de l'autre.
Sur le piano roll, vous les repérez à deux rangées claires collées l'une à l'autre. Conséquence importante : les touches blanches ne sont pas régulièrement espacées. En montant de do (C) au do (C) suivant, on trouve ton, ton, demi-ton, ton, ton, ton, demi-ton. Gardez ce motif en mémoire, il reviendra quand nous construirons la gamme majeure.
Transposer : déplacer sans déformer
Transposer, c'est déplacer toutes les notes d'un motif du même nombre de demi-tons, vers le haut ou vers le bas. La forme du motif ne change pas : les distances entre les notes restent les mêmes, et votre oreille reconnaît la même mélodie, simplement plus aiguë ou plus grave. Dans la figure, la deuxième mesure reprend la première trois rangées plus haut.
Remarquez que la version transposée utilise des touches noires alors que l'original n'en avait aucune. C'est normal : on compte des rangées, pas des couleurs. Le piège serait de déplacer chaque note sur la touche blanche suivante. Essayez avec le début du motif, ré, fa, mi (D, F, E) : en montant chaque note d'une touche blanche, on obtient mi, sol, fa (E, G, F). Mais ré (D) est monté de deux demi-tons, fa (F) de deux aussi, et mi (E) d'un seul, à cause du demi-ton mi-fa. Le motif est déformé, et votre oreille l'entend tout de suite.
Première partie : combien de demi-tons y a-t-il de C4 à G4, de E4 à A4, et de B3 à D4 ? Deuxième partie : transposez le motif de la figure de deux demi-tons vers le haut, en comptant les rangées et non les touches blanches. Dans votre logiciel, dessinez ensuite le motif, sélectionnez-le, montez-le de deux rangées et comparez les deux versions à l'oreille.
Vous avez manipulé des touches noires sans pouvoir encore les nommer. C'est justement l'objet de la prochaine leçon : les dièses, les bémols, et les notes qui portent deux noms.