Lire une partition en dix minutes
Après cette leçon, vous saurez lire une mélodie simple ou une partie de piano sur une partition : repérer les notes en clé de sol et en clé de fa, comprendre le rythme de base, et recopier le tout dans votre piano roll.
Un jour ou l'autre, quelqu'un vous enverra une partition : une chanteuse qui a écrit sa mélodie, un pianiste qui vous propose une grille, ou une pièce ancienne que vous voulez rejouer pour la sampler. Vous n'avez pas besoin d'un an de solfège pour vous en servir. Avec ce que vous savez déjà du piano roll, quelques minutes suffisent pour comprendre comment une ligne simple est écrite, et la recopier lentement, note par note. La lecture rapide demande de l'entraînement, et nous vous indiquerons à la fin où le trouver.
Une portée, c'est un piano roll avec cinq lignes
La partition et le piano roll racontent la même chose : le temps avance de gauche à droite, et plus une note est placée haut, plus elle est aiguë. La partition utilise une portée, cinq lignes horizontales sur lesquelles on pose les notes, soit sur une ligne, soit dans l'espace entre deux lignes, qu'on appelle un interligne. Quand une note sort de la portée, on ajoute pour elle de petites lignes supplémentaires.
La grande différence tient en une phrase : sur la portée, chaque position correspond à une lettre, alors que dans le piano roll chaque rangée correspond à un demi-ton. Passer d'une ligne à l'interligne juste au-dessus, c'est passer à la lettre suivante, de do (C) à ré (D), de ré (D) à mi (E), et ainsi de suite, c'est-à-dire de touche blanche en touche blanche. Selon l'endroit, ce pas vaut un ton ou un demi-ton, alors que la portée les dessine exactement de la même taille. Les touches noires, elles, n'ont pas de place à elles : on les écrit avec un dièse ou un bémol devant la note.
La clé de sol : le registre de la mélodie
Au début de chaque portée, une clé indique quelle note se trouve sur quelle ligne. La clé de sol enroule sa boucle autour de la deuxième ligne en partant du bas, et cette ligne porte le G4, le sol juste au-dessus du do central. À partir de là, il suffit de compter les lignes et les interlignes. Écoutez la gamme de do écrite en clé de sol.
Voici exactement les mêmes notes dans le piano roll. Comparez la régularité de la portée avec les rangées : entre E4 et F4, puis entre B4 et C5, il n'y a qu'un demi-ton, alors que la portée les espace comme les autres.
En clé de sol, les cinq lignes portent, de bas en haut, E4, G4, B4, D5 et F5, et les quatre interlignes F4, A4, C5 et E5. Ne cherchez pas à tout apprendre par cœur : repérez le sol de la clé, et comptez à partir de lui.
La clé de fa : le registre de la basse
La clé de fa sert aux notes graves : la main gauche du piano, la basse, le violoncelle. Ses deux points encadrent la quatrième ligne en partant du bas, qui porte le F3, le fa juste au-dessous du do central. Ses lignes portent, de bas en haut, G2, B2, D3, F3 et A3. Écoutez la gamme de do une octave plus bas, écrite en clé de fa.
Et voici la même gamme dans le piano roll, une octave sous la précédente.
Remarquez que le même do central, C4, s'écrit sur une ligne supplémentaire sous la clé de sol, et sur une ligne supplémentaire au-dessus de la clé de fa. C'est lui qui relie les deux portées.
Le do central fait le pont entre les deux mains
Une partition de piano superpose deux portées reliées par une accolade : la clé de sol en haut pour la main droite, la clé de fa en bas pour la main gauche. Le do central se trouve entre les deux. Lisez d'abord la main gauche, souvent plus simple, puis la main droite, et alignez les deux verticalement : ce qui est écrit l'un au-dessus de l'autre se joue en même temps.
Dans le piano roll, les deux portées se fondent en une seule grille. La main gauche devient les notes graves, la main droite les notes aiguës, et le do central sépare à peu près les deux zones.
Vous l'avez sans doute reconnu : la première mesure forme un accord de do majeur, la seconde un accord de sol majeur. Lire une partition de piano, c'est souvent retrouver des accords que vous connaissez déjà.
Le rythme : la forme dit la durée
Dans le piano roll, la longueur d'une note se voit. Sur la partition, c'est sa forme qui l'indique : tête blanche ou noire, avec ou sans hampe, avec ou sans crochet. Vous connaissez déjà ces durées depuis la leçon qui leur est consacrée ; il s'agit maintenant de les reconnaître d'un coup d'œil. Le tableau suivant les met en face des pas de votre grille.
| Figure | Aspect | Durée en 4/4 | Pas de 1/16 | Silence de même durée |
|---|---|---|---|---|
| Ronde (1/1) | tête blanche, sans hampe | 4 temps | 16 | pause |
| Blanche (1/2) | tête blanche avec hampe | 2 temps | 8 | demi-pause |
| Noire (1/4) | tête noire avec hampe | 1 temps | 4 | soupir |
| Croche (1/8) | tête noire, hampe et crochet | 1/2 temps | 2 | demi-soupir |
Écoutez quatre mesures sur la même note : une ronde, puis deux blanches, puis des noires avec un soupir, et enfin huit croches. Les croches qui se suivent sont souvent reliées par une barre au lieu d'avoir chacune leur crochet, ce qui rend la lecture plus facile.
Dans le piano roll, les mêmes durées deviennent des longueurs, et le soupir de la troisième mesure devient simplement une case vide.
Au début de la partition, après la clé, vous verrez aussi le chiffrage de la mesure, par exemple 4/4 : quatre temps par mesure, chaque temps valant une noire. Les barres verticales séparent les mesures, exactement comme les lignes plus marquées de votre grille.
Dièses, bémols et armure
Un dièse ou un bémol placé juste devant une note vaut pour cette note, et pour les notes suivantes de même hauteur, jusqu'à la fin de la mesure. Un bécarre annule l'altération. Quand des dièses ou des bémols sont placés juste après la clé, en début de ligne, ils forment l'armure : ils s'appliquent à toutes les notes de ce nom, dans toute la partition. Voici une courte phrase en fa majeur, avec un bémol à l'armure, sur la ligne du si.
Le si de la première mesure n'a aucun bémol devant lui, et pourtant il se joue B♭4, parce que l'armure le demande. Le piano roll, lui, montre directement la bonne rangée.
Lire une phrase, étape par étape
Quand une nouvelle partition arrive, procédez toujours dans le même ordre. Regardez la clé, pour savoir quel repère utiliser. Regardez l'armure, pour savoir quelles notes sont altérées. Regardez le chiffrage, pour compter les temps. Ensuite seulement, lisez les notes une par une, en comptant depuis le sol ou le fa de la clé, et entrez-les dans le piano roll sans chercher la vitesse.
Prenez votre temps : la correction vous montre la même phrase dans le piano roll, pour vérifier chaque note et chaque durée.
Recopiez cette phrase dans le piano roll, sur une grille en croches. Repérez d'abord la clé, l'armure et le chiffrage, puis lisez chaque note en comptant depuis la ligne du sol. Attention au dièse de la deuxième mesure et au soupir final. Dans votre logiciel : entrez la phrase à 90 BPM et écoutez-la avec un son de piano.
Il ne reste qu'une leçon : elle vous propose une routine simple pour continuer à progresser après ce cours.